Compte rendu fait par le
président du club CHAMPS DE BATAILLE
A voir également les photos
de cette campagne et la carte.
0 Préliminaires
I Déploiement Français et plan de
campagne de Napoléon
II Le déploiement Prussien,
description et critique
III Le déploiement
anglo-néerlandais , description et critique
IV La journée du 15 juin
V la journée du 16 juin
VI La journée du 17 juin : batailles de Nivelle
et de Hal
VII Les décisions prisent après les
deux batailles
VIII Du 17 au 22 juin la retraite
d'Ostende
IX Napoléon rentre à Bruxelles puis
retourne à Paris
X Du 19 au 22 juin Blücher marche sur Bruxelles
et puis s'en va
XI Épilogue
DESCRIPTION DE LA TRÈS
REMARQUABLE CAMPAGNE DE 1815 EN BELGIQUE
Par l'historien militaire Karl Antoine de Jomiwitz
0 préliminaires
A son retour de l'île
d'Elbe Napoléon a réussi à réorganiser l'armée Française en
un temps record.
Devant
l'intransigeance de la coalition et ne pouvant politiquement
livrer une guerre défensive sur le sol Français, l'Empereur
décide de prendre l'offensive.
C'est dans le plus
grand secret les 125,000 hommes de l'armée du Nord et de la Garde
Impériale font mouvement sur la frontière Belge.
Sa Majesté a en effet
décidé de frapper ses deux plus irréductibles ennemis: Lord
Wellington avec ses 94,000 anglo-néerlandais et le feldmarshal
Blücher avec ses 115,000 Prussiens.
Il espère ainsi
signifier au monde subjugué que le Napoléon des beaux jours
d'Austerlitz est de retour.
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I Déploiement Français et plan de campagne de Napoléon
I 1 Déploiement Français
Le maréchal Ney
dirige l'aile gauche. Il se trouve à Condé avec le I°CA (Corps
d'Armée) et le II°CC (Corps de Cavalerie).
La garde se trouve
aussi à Condé, mais le maréchal ne peut en disposer à sa
guise car elle forme la réserve.
Le maréchal Grouchy
dirige l'aile droite avec sous ses ordres le II°CA et le
I°CC.
Le Q.G. du maréchal
est en avant de Maubeuge.
Le reste de l'armée,
soit les III° IV° et VI°CA, III° IV°CC se trouve à
Maubeuge.
Il constitue le centre
de l'armée.
L'Empereur n'étant
pas attendu à l'armée avant le 16 au soir, c'est le Maréchal
Soult qui dirige les opérations en suivant les directives de
l'Empereur.
I 2 Plan de campagne Français
Les ordres de Sa
Majesté sont en fait très précis.
Les mouvements doivent
commencer dès le 15 à 6 heures du matin
Le maréchal Ney doit
pousser aussi loin que possible sur Enghien, par Leuze et
Ath.
Enghien doit être
pris le 16 et le maréchal doit poursuivre sur Hal.
La Garde suit les
mouvements de la gauche, mais à Enghien elle doit redescendre le
plus vite possible sur Nivelle par Soignies. Le général Drouot
doit être à Nivelle pour le 17 au matin car l'Empereur prévoie
une affaire pour ce jour dans le secteur.
Le maréchal Grouchy
doit s'emparer de Binche le 15 . La 5°DC (Division de Cavalerie)
doit alors mener une
reconnaissance sur Les Quatre bras et la 4°DC sur Charleroi.
Le VI°CA suit les
mouvement de la gauche, il doit rester à Binche, mais si
l'opportunité se présente prendre Charleroi.
Le 16 le maréchal
doit se porter sur Nivelle avec le II°CA. Il est chargé de
prendre la ville au plus vite. La cavalerie du I°CC surveillera
Les Quatre bras et Charleroi pour la journée.
Le centre doit marcher
sur Soignies le 15 et sur Nivelle le 16, après sa prise par le
II°CA.
Napoléon compte avoir
le 17 à Nivelle les II° III° IV°CA, III° IV°CC et la garde.
Il pense marcher
contre l'armée Prussienne en se dirigeant sur Namur, à moins
que Blücher ne l'attaque sur cette position.
Cependant la décision
finale ne devrait être prise que dans la nuit du 16 au 17 juin.
I 3 Critique
Ce plan mise
essentiellement sur la surprise et sur les réflexes des
adversaires.
Tout est fait pour que
Wellington se pense la cible principale et prenne des
dispositions défensives afin de protéger Bruxelles.
Normalement Blücher
devrait voler au secours de son allier pensant attaquer un flanc
garde, alors qu'il aura affaire à la force principale.
Le plus gros grain de
sable possible réside dans le mouvement de la Garde. Si Enghien
résiste la garde devrait faire le tour par Ath, ce qui pourrait
la faire arrivée trop tard le 17.
Ce mouvement doit de
plus être secret, ce qui n'est pas évident.
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II Le déploiement Prussien, description et critique
II 1 Le déploiement
Le I° corps a son
Q.G. à Charleroi. Les 1° et 2° brigades sont à Charleroi
alors que les 3° et 4° brigades sont à Châtelet.
La cavalerie est
répartie autour de ces deux positions.
Le II° corps à son
Q.G. à Sombreffe. Ses brigades d'infanterie sont au bivouac dans
et autour de cette ville.
La cavalerie est elle
déployée plus au sud pour aider le I°corps dans sa
surveillance de la ligne de la Meuse.
Le Q.G. du III° corps
est à Namur avec le Q.G. du Feldmarshal Blücher. Le parc de
l'armée est aussi à Namur. Tout le III° corps est dans et
autour de Namur.
Le Q.G. du IV° corps
est à Dînant. Les 13° et 14° brigades sont aussi à Dînant
alors que les 15° et 16° brigades sont étalées sur la route
Dînant Liège.
La cavalerie du IV°
corps est déployée au sud de l'infanterie pour surveiller les
routes.
II 2 Critique
Il n'y a pas de
critiques sur les placements des II° et III° corps.
Le I° corps par
contre à deux brigades isolées à Châtelet alors qu'une
brigade de cavalerie aurait suffit à la surveillance du pont.
Il n'y a aucune
troupes à Binche. De toute évidence l'état major Prussien est
obnubilé par la défense de la ligne de la Meuse.
Le IV° corps est
légèrement aventuré à Dînant. En cas d'attaque massive le
repli sur Namur risque de se faire avec pertes. Il aurait sans
doute été préférable de n'avoir qu'une brigade d'infanterie
à Dînant avec de la cavalerie. Les autres brigades étant
autour de la ville. Ceci aurait donné un plus grand temps de
réaction en cas d'offensive sur ce point.
La plus grande faute
est à mon sens l'emplacement du Q.G. général. Il aurait due
être à Sombreffe. De la sorte les communications avec
Wellington aurait été considérablement raccourcies.
Évidement le délais
était plus long pour rappeler le IV° corps, mais la liaison
avec le I° corps était aussi plus courte
Ces fautes sont
minimes et l'armée est bien regroupée.
Ce qui est plus
préjudiciable, c'est cette fascination pour la Meuse. Elle
conduira le I° corps à l'inactivité pendant la première phase
de la campagne.
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III Le déploiement anglo-néerlandais , description et critique
III 1 Description
Le Q.G. du I° corps
est à Hal avec le Q.G. général. La 7° division
anglo-hanovrienne initialement à la réserve lui est rattaché.
La 3° division
anglo-hanovrienne et la 3° division néerlandaise sont à Hal.
La 1° division
anglo-hanovrienne et la 2° division néerlandaise sont à
Bruxelles avec le parc de l'armé .
La 7° division
anglo-hanovrienne est sur la route entre Hal et Bruxelles.
Le Q.G. du II° corps
est à Nivelle. La 5° division anglo-hanovrienne et la division
de réserve hanovrienne sont de fait rattachées à ce corps.
La 4° division
anglo-hanovrienne est déployée au sud ouest de Nivelle.
La 2° division
anglo-hanovrienne et la 1° division néerlandaise sont à
Nivelle.
La 5° division
anglo-hanovrienne et la réserve hanovrienne sont aux Quatre bras.
Le Q.G. de la réserve
est à Mont Saint Jean.
La réserve ne
comprend plus par la force des choses que la 6° division
anglo-hanovrienne et la division Brunswickoise, toutes deux à
Mont Saint Jean.
Le Q.G. de la
cavalerie est à Enghien avec la brigade Ponsonby et la brigade
de cavalerie lourde néerlandaise de Trip van Zoudtland.
La brigade Esdorff est
à Menin. La brigade Grant est sur la route entre Courtrai et
Tournay. La brigade Vandeleur occupe Tournay. La brigade
Arenschildt se trouve à Leuze. La brigade Vivian est déployée
sur la route entre Ath et Mons. La brigade Dörnberg est à Mons.
La cavalerie légère Néerlandaise est déployée à Soignies.
Enfin la brigade Somerset est entre Hal et Mont Saint Jean.
III 2 Critique
Le déploiement de
l'infanterie ne prête pas trop à la critique. Il est quand
même surprenant de voir la landwehr de la réserve hanovrienne
en première ligne et de voir la division de garnison en soutient
direct de la position de Hal.
Il n'y a aucun
fantassin a l'ouest de Hal. Ceci permet à l'armée d'être bien
regroupée, mais pourrait présenter de sérieux inconvénients
en cas d'attaque venant de Lille.
La cavalerie couvre
bien le terrain, sauf en avant de la position des Quatre bras.
Ceci est d'autant plus préjudiciable que les Prussiens
n'occupent pas Binche.
En cas de nécessité,
il pourrait s'avérer difficile de pourvoir en cavalerie les
troupes du II° corps. Seul la jeune cavalerie du Duc de
Brunswick est à même d'intervenir rapidement sur ce point.
La plus grosse faute
est sans doute l'emplacement du Q.G. général. Placé à Hal, il
déséquilibre le dispositif anglo-néerlandais et peut conduire
à avoir deux armées évoluant pour leur compte. Bruxelles, par
sa position central était sans doute un bien meilleur choix,
permettant une liaison rapide avec les I° et II° corps.
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IV La journée du 15 juin
La marche des troupes
impériales se déroule comme prévue.
La cavalerie du
maréchal Ney bouscule celle de Arenschildt et la refoule sur
Ath, puis sur Enghien.
Le I°CA se présente
devant Enghien vers 4 heures du soir. A 6 heures la cavalerie
anglo-néerlandaise est repoussée hors de la ville.
La Garde Impériale
arrive à Enghien vers 11 heures du soir. Son arrivée dans cette
ville ne passe pas inaperçue car rien n'est fait pour masquer
son approche, bien au contraire.
Au centre le maréchal
Soult repousse Dörnberg sur Soignies où toutes ses troupes sont
concentrées à 9 heures du soir.
L'aile droite, où le
maréchal Grouchy mène en personne l'avant garde, arrive à
Binche sans difficultés.
Puis la 4°division de
cavalerie file sur Charleroi en chassant les cavaliers de von
Treskow qui ne lui contestent pas le terrain. Elle arrive à 3
heures devant Charleroi qu'elle trouve occupé par de
l'infanterie et de la cavalerie Prussienne.
La 5°DC quant à elle
se porte sur les Quatre bras. En chemin elle reconnaît sur sa
droite de l'infanterie et de la cavalerie Prussienne. Elle trouve
la position occupée uniquement par de l'infanterie
anglo-hanovrienne, ce qui lui permet de pousser aussi une
reconnaissance discrète sur Nivelle qui n'est occupé que par de
l'infanterie.
Le Duc de Wellington
réagi à l'avance ennemie en faisant commencer des travaux de
fortification à Hal et à Bruxelles.
Lord Uxbridge envoi
des ordres pour concentrer pratiquement toute sa cavalerie à
Enghien. Au soir seuls les brigades Somerset qui est restée sur
sa position Grant et Esdorff qui sont provisoirement coupées ne
sont pas à Enghien.
Puis des ordres sont
envoyés pour ne laisser que les brigades Dörnberg et Vandeleur
à Enghien afin de surveiller les Français. Le reste de la
cavalerie doit venir se placer entre Hal et Bruxelles.
Vers 9 heures du soir,
des ordres sont envoyés pour concentrer les 2° et 4° divisions
anglo-hanovrienne avec la cavalerie de Somerset au nord ouest de
Nivelle, mais ces ordres ne pourront être appliqués.
A la même heure il
est prescrit à la réserve de se porter par le plus court chemin
sur Hal dès le 16 au matin.
De leur coté la
5°division anglo-néerlandaise et la réserve hanovrienne
doivent faire route sur Mont Saint Jean dès que la position des Quatre bras sera entre les mains des Prussiens.
Le feldmarshal
Blücher de son coté demande dès la nouvelle de l'invasion
connue à ses II°, III° et IV° corps de se préparer à faire
mouvement.
A 9 heures du soir les
ordres de mouvement pour le lendemain prescrivent au I° corps de
rester sur place, au II° corps de marcher sur Binche pour en
chasser les Français, au III° corps de prendre la place du II°
à Sombreffe et au IV° corps de prendre la place du III° à
Namur. Le Q.G. général se porte sur Sombreffe.
Bizarrement, il n'est
pas prévu à cette heure de se porter aux Quatre bras, alors
que l'un des mouvements des anglo-hanovriens est conditionné par
l'arrivé des Prussiens sur cette position.
Le mouvement du II°
corps est à lui seule éloquent du fait que Blücher ne pense
pas avoir affaire à beaucoup de troupes ennemis.
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V la journée du 16 juin
Les mouvements
Français continuent à se dérouler au mieux.
Profitant des
mouvements de la cavalerie Anglaise et bien couverte par la
cavalerie du maréchal Ney, la garde Impériale file inaperçue
vers son rendez vous de Nivelle.
Le maréchal continu
alors sur Hal en repoussant péniblement la cavalerie
britannique. Mettant à profit l'orage qui éclate à 5 heures du
soir, le Prince de la Moskowa complète les ordres de l'Empereur
en se plaçant sur la route Hal Soignies au sud de Hal.
A la tête du II°CA
le maréchal Grouchy se présente devant Nivelle à 11 heures du
matin avec son infanterie. La position étant fortement tenu par
le général Hill, le maréchal ne peut s'emparer de la ville. Le
Duc de Dalmatie le renforce aussitôt du III°CA. L'entrée en
ligne de ce nouveau corps force les troupes anglo-hanovriennes à
se replier sur Mont Saint Jean. Il est 5 heures du soir.
Au centre le reste des
troupes arrivent à Nivelle entre 6 heures et 8 heures du soir.
Craignant pour sa
gauche, le maréchal Soult fait alors monter le IV°CA jusqu'au
pont sur la Senne au sud de Hal. Ce mouvement n'est pas dans les
ordres de l'Empereur.
Le VI°CA est resté a
Binche, la 4°DC marque toujours les Prussiens de Charleroi.
La 5°DC a rejoint
l'armée à Nivelle pendant nuit après avoir rendu compte de
l'arrivée des Prussiens aux Quatre bras.
Lorsqu'il arrive à
Nivelle vers 9 heures du soir, Napoléon peut être satisfait de
ses Maréchaux.
Pour faire face à la
nouvelle situation le Duc de Wellington donne l'ordre à Lord
Hill de défendre Mont Saint Jean avec son II°corps renforcé de
la 5°division anglo-hanovrienne et de la réserve hanovrienne.
Il le fourni en cavalerie avec les brigades Vivian et
Arenschildt.
De son coté il compte
pousser un mouvement offensif contre les troupes qui sont face à
lui dès 10 heures du matin le 17 juin. Pour cela, il pense
utiliser les 6°et 7° divisions anglo-hanovriennes, la division
Brunswickoise, les brigades de cavalerie Ponsonby, Dörnberg,
Vandeleur ainsi que la division de cavalerie Néerlandaise.
A juste titre le
général en chef de l'armée anglo-néerlandaise ne pense avoir
affaire qu'à un flanc garde.
Le reste de l'armée
défend Hal et Bruxelles.
Tout ces ordres sont
envoyés à 9 heures du soir.
Informé de la
nouvelle situation par son allier, le général en chef Prussien
modifie ses ordres dès 8 heures du matin. Les II° , III° et
IV° corps doivent se concentrer aux Quatre bras. Le IV° corps
devant laisser sa 15°brigade et la cavalerie de von Watzdorff à
la surveillance de Namur.
Le I°corps reçoit
l'ordre de défendre Charleroi à tout prix.
En fin de journée,
les trois corps prévus sont aux Quatre bras évacué par les
troupes anglo-hanovriennes.
Blücher a réussi sa
concentration.
Visiblement, il pense
maîtriser la situation et remporter le lendemain une facile
victoire sur ce qu'il pense n'être qu'un corps de couverture.
Le feldmarshal décide
aussi de transférer son parc d'approvisionnement de Namur à
Tirlemont.
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VI La journée du 17 juin : batailles de Nivelle et de Hal
VI 1 Les dispositions de
l'Empereur
Après avoir pris
connaissance des derniers rapports, Napoléon prend les
dispositions suivantes.
Le maréchal Soult
attendra les Prussiens derrière la Dyle au nord de Nivelle. Il
disposera des II° et III°CA ainsi que du VI°CA rappelé de
Binche, des III° et IV° CC et de la garde moins sa cavalerie
légère que l'Empereur garde avec lui.
Le Duc de Dalmatie
devra aligner en première ligne pratiquement toute son
artillerie, en particulier la réserve de la garde, et se tiendra
prêt à prendre vigoureusement l'offensive en franchissant la
Dyle.
La poursuite devra
être menée sans répits jusqu'à Namur.
Sa majesté, conscient
que son état de santé ne lui permet pas de commander
directement en bataille, rejoint le IV°CA au pont sur la Senne
avec la cavalerie légère de sa garde.
La 5°DC est dirigée
sur Mont Saint Jean pour y surveiller les troupes de Hill.
Le maréchal Ney doit
se replier sur la position du IV°CA.
Mais le prince de la
Moskowa veut sa bataille. Il fait savoir qu'il compte défier
l'ennemi sur une bonne position défensive qu'il a
personnellement repéré sur la route de Hal à Braine l'Alleud.
Napoléon laisse le
maréchal faire à son idée car il se trouve derrière lui prêt à palier à toute éventualités.
VI 2 La bataille de Nivelle
Pour son attaque le
feldmarshal dispose des 70,000 fantassins, 11,000 cavaliers et 200
canons des troupes disponibles au II°, III° et IV° corps.
Convaincu de leur
supériorité écrasante les Prussiens comptent attaquer sur une
seule ligne de corps d'armée. Le II°corps sera à la gauche, le
IV° au centre et le III° à droite.
L'idée général est
de faire jouer l'artillerie, puis de pousser avec l'infanterie et
enfin de poursuivre avec la cavalerie.
Bien qu'ayant des
ordres très offensif , le maréchal Soult est plutôt sur la
défensive .
Le II°CA occupe la
droite et le centre. La 5°D.I . (Division d'Infanterie) est déployée dans un bois à
l'extrême droite, puis viennent les 6° et 9° D.I..
La 7°DI
couvre le front du dispositif en occupant quelques bâtiments en
avant de la Dyle. Le II°CA est renforcé de la réserve
d'artillerie de la garde.
Le III°CA tient la
gauche avec en première ligne les 8° et 10° D.I., la 11° D.I.
étant légèrement en retrait à l'extrême gauche.
Les 2° et 3°DC sont
déployées en avant de la 11°DI pour couvrir le flanc gauche de
l'armée.
Les III° et IV°CC
sont en réserve, respectivement à gauche et à droite du
dispositif.
La Garde est en
réserve général en arrière au centre.
A ce moment le VI°CA
n'à pas encore rejoint.
Le maréchal dispose
pour commencer la bataille de 49,000 fantassins, 10,000 cavaliers
et 208 canons. L'arrivée du VI°CA porte ses effectifs à 55,000
fantassins, 10,000 cavaliers et 232 canons.
Les pluies de la
veille ayant rendu le terrain boueux, l'attaque Prussienne ne
débute que vers 10 heures du matin.
Dès le début
l'affaire tourne mal pour les Prussiens.
Le II° corps
confronté à l'artillerie de la garde subit de lourdes pertes
sans pouvoir progresser.
Le IV° corps canonne
la position de la 7°DI, mais il est lui aussi sous le feu
meurtrier de l'artillerie Française.
Le III° corps ne
progresse pas plus que les deux autres, mais il subit
provisoirement moins de pertes.
Au moment où le
feldmarshal commence à douter, le maréchal Grouchy lance le
III°CC sur le III° corps Prussien.
L'apparition des
cuirasses fait souffler un vent de panique au sein de l'état
major Prussien.
Toutes les attaques
sont stoppées et des dispositions pour battre en retraite au
plus vite sont prises.
Les brigades
d'infanterie doivent se porter en arrière et la cavalerie doit
essayer de contrer la poursuite ennemie.
Mais pour le
III°corps, il est déjà trop tard, il ne pourra sauver du
désastre que les 10° et 11° brigades.
Le Duc de Dalmatie
envoi le IV°CC déborder la droite Prussienne.
Il ordonne aussi à la
cavalerie lourde de la Garde d'attaquer le centre du dispositif
ennemi. Ce sont les malheureux cavaliers de von Schwering et von
Sydow qui font les frais de l'opération. La brigade von
Schwering est anéantie et son commandant capturé.
Il est 2 heures et
demis de l'après- midi, la bataille de Nivelle est terminée.
Elle n'a durée que 4 heures.
La poursuite assez
mole du maréchal Soult, déconcerté par sa facile victoire, ne
rapporte que relativement peut de prisonniers.
Toutefois le but est
atteint. Blücher visiblement traumatisé ne cherche son salut
que dans une fuite éperdue sur Sombreffe ou le I° corps est
rappelé d'urgence. Il ne pense pas un instant à remonter sur
Mont Saint Jean ou à s'arrêter aux Quatre bras.
Le feldmarshal ne
saura même pas que le IV°CC Français était présent, ni que
la Garde Impériale était pratiquement au complet pour
l'accueillir.
Les pertes Française
sont minimes puisque on ne déplore que 200 fantassins, 480
cavaliers dont le général Lhéritier tué à la tête de sa
11°DC et 2 canons.
Les pertes
Prussiennes, avec la poursuite sont beaucoup plus lourdes. Il y a 15,000 fantassins et
2,500 cavaliers tués , blessés ou pris. Le
III°corps perd toute son artillerie présente, soit 32 pièces.
Le general-major von
Borcke est capturé avec sa 9° brigade, alors que l'oberst von
Stülpnagel a été tué à la tête de sa 12° brigade.
A la nuit Napoléon
félicite le maréchal Soult pour sa victoire.
Le maréchal Grouchy
est nommé Duc de Nivelle sur le champ de bataille pour avoir
emporté la décision.
VI 3 La bataille de Hal
Elle oppose, malgré
l'avis contraire de l'Empereur, les 16,000 fantassins, 4,500
cavaliers et 58 canons du maréchal Ney aux 35,000 fantassins, 4,200 cavaliers et 64 canons emmenés par le Duc de Wellington.
La position choisie
par le Prince de la Moscowa est très forte défensivement. Elle
s'appuie à gauche sur des marais bordant la Senne et à droite
à la forêt de Soigne. Le front est couvert par une ligne de
crête.
Le maréchal a placé
ses troupes comme suit.
A gauche, s'appuyant
au marais et tenant une ferme isolée, la 2°DI. La 1°DI tient
le centre mais se place en avant de la ligne de crête. La 3°DI
fait la droite en avant de la forêt de Soigne. La 1°DC soutient
directement l'infanterie de la première ligne.
La 4°DI et le II°CC
sont maintenues en réserve en arrière du dispositif. (photo 56ko)
La position hasardeuse
des 1° et 3° DI a pour but de faire croire que le maréchal est
plus nombreux qu'il ne l'est en réalité. Un mouvement
rétrograde est d'ailleurs prévu dès le début de la bataille.
Perdant de vue les cibles de son attaque, le Duc de Wellington
devra se lancer en aveugle sur la position Française ou
suspendre son mouvement pour changer son dispositif et perdre de
la sorte quelques heures.
De son coté le Duc de
Wellington a quelques soucies avec sa cavalerie. Les pluies de la
veille ayant ralenti la marche de ses cavaliers, les
anglo-néerlandais ne pourront engager que les brigade Ponsonby
et Dörnberg ainsi que la cavalerie Brunswickoise. Le terrain
choisi par les Français se prête d'ailleur assez mal aux
évolutions de cette arme.
Le stratagème
imaginé par le maréchal Ney fonctionne relativement bien. Assez
vite le combat dégénère en une fusillade stérile et peut
meurtrière.
La seule action
d'éclat de cette bataille est à mettre à l'actif des hussards
du Brunswick. Bien enlevés par leur vieux Duc ils surprennent un
bataillon du 25° de ligne qui n'a pas le temps de former le
carré et est sabré. (photos)
A la nuit, couvert par
le II°CC qui n'a pas donné, le maréchal Ney peut se retirer
sur la position du IV°CA ou l'Empereur l'attend impassible.
Les pertes françaises
se montent à 1,200 fantassins et 250 cavaliers. Les
anglo-néerlandais ont perdu 600 fantassins et 400 cavaliers.
VI 4 L'inaction forcée du
général Hill
D'après ses ordres,
le général Hill, devait mener une reconnaissance de cavalerie
sur Nivelle, et décider de s'engager ou non dans la bataille.
Avec ses 38,000 fantassins, 2,500 cavaliers et 64 canons cette
force non négligeable aurait put faire la différence si la
bataille de Nivelle avait durée plus longtemps.
Mais d'une part le
mouvement en avant des troupes de Mont Saint Jean aurait
certainement déclenché une réaction de l'Empereur que la 5°DC
tenait informé.
D'autre part la
cavalerie de Vivian se présentât à Nivelle vers 3 heures de
l'après midi et les Prussiens étaient déjà en pleine
retraite.
Le général Hill
décida prudemment de ne pas bouger, de poursuivre les travaux de
fortification de sa position et de rendre compte.
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VII Les décisions prisent après les deux batailles
VII 1 Les décisions de Napoléon
Dès le résultat des
batailles connu, l'Empereur fait tout pour activer la poursuite
des Prussiens. Le maréchal Grouchy avec le III°CA, le III°CC
et le I°CC qu'il doit reconstituer est chargé de ce travail.
Napoléon cherche
alors à en finir avec Wellington.
Une première cible ce
présente: les troupes de Mont Saint Jean. A la nuit, la
cavalerie légère de la garde part à travers champs pour
s'infiltrer dans la forêt de Soigne et tenter de couper la
retraite de Hill. Le II°CC, composé de dragons entraînés au
combat à pied la suit. Ces deux formations doivent faire au
mieux en attendant l'arrivée du IV°CA.
Le maréchal Ney doit
défendre le pont sur la Senne avec le I°CA.
Le reste de l'armée
doit remonter de Nivelle sur Bruxelles part Mont Saint Jean.
VII 2 Les décisions de
Wellington
Devant la déroute de
Blücher et conscient qu'il risque d'être seul face à l'armée
Française pour au moins deux jour, le Duc de Wellington décide
de sauver son corps expéditionnaire en rembarquant à Ostende.
Les différentes
fractions de l'armée anglo-néerlandaise doivent se mettre en
marche immédiatement. La cavalerie devant faire l'arrière
garde.
Cette précipitation
sauve le général Hill qui perd néanmoins 12 pièces de canon
suite aux actions des dragons d'Exelmans dans les bois.
VII 3 Les décisions de Blücher
Le feldmarshal n'a
qu'une idée, venger l'affront de Nivelle.
Il décide donc de
tout faire pour remonter sur Bruxelles afin soit de ressaisir la
victoire, soit de sauver l'honneur de l'armée Prussienne.
Pour l'heure, il va
réorganiser son armée à Sombreffe sous la protection qu'il
espère suffisante du I°corps.
Cette tâche va
l'occuper tout le 18 juin. L'armée Prussienne n'est en état de
reprendre la campagne que le 19 au matin.
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VIII Du 17 au 22 juin la retraite d'Ostende
VIII 1 La retraite de Wellington
Le Duc de Wellington
progresse à marche soutenue vers Ostende.
La poursuite ne
l'inquiète pas car les routes sont encombrés de déserteurs et
de traînards qui ralentissent considérablement les
poursuivants.
Wellington arrive le
20 à Ostende en pleine tempête. Les opérations d'embarquement
ne sont évidements pas possibles.
Il en profite pour
faire le bilan.
Les troupes Belges ont
désertés en masse.
Parmi les Hollandais
la milice n'a pas suivie le rythme, le général Collaert a
décidé de sauver les restes de sa cavalerie et a pris le 18 le
chemin de la Hollande. Seul le jeune prince d'Orange semble
encore avoir envie de se battre.
La landwehr
hanovrienne elle aussi n'a pas suivie. La cavalerie d'Esdorff
s'est évanouie dans la nature.
Les Brunswickois, bien
qu'affaiblis sont là.
Les troupes
britanniques sont elles aussi au rendez vous.
Bref, sur les quelques 94,000 de l'armée anglo-néerlandaise du 15 juins, il ne reste
plus que 53,000 hommes épuisés.
Dès la tempête
calmée l'embarquement commence. La cavalerie qui doit sacrifier
ses chevaux embarque en premier .
Les opérations ne
sont pas encore très avancées le 21, lorsque l'avant garde
Française est annoncée.
VIII 2 La poursuite Française
Le maréchal Ney
dirige la poursuite. Il dispose des II° et IV°CA, des II° et
IV°CC. La Garde le suit à distance.
En chemin les troupes
impériales ramassent quelques 20,000 traînards, principalement
des miliciens. Ils prennent aussi 24 canons.
Le 21 vers 10 heures
du matin, l'avant garde française est devant Ostende.
Le temps de regrouper
les troupes et de prendre des dispositions de combats et
l'attaque peu commencer.
VIII 3 Le combat d'Ostende
Il ne débute qu'à
deux heures de l'après midi.
La position de
Wellington est pour ainsi dire inexpugnable.
Les attaques
désordonnées des français s'y brisent sans résultats.
A 6 heures du soir le
maréchal Ney arrête les frais. Il à perdu 1,500 fantassins et
300 cavaliers en vain.
De son coté
Wellington n'a perdu que 500 fantassins. Parmi les blessés se
trouve le Duc de Brunswick qui est évacuée sur un vaisseau
Anglais.
Mais les Hollandais
sont en deuil, le Prince d'Orange a été mortellement atteint et
il agonise toute la nuit parmi les troupes du baron de Perponcher
qu'il était venu soutenir.
VIII 4 Le matin du 22 juin
Pendant la nuit les
opérations navales reprennent.
Au matin du 22 juin,
les français capturent 12,000 fantassins, 32 canons hollandais et 5,000 hanovriens qui n'ont pas embarqués.
Mais il y a surtout
des centaines de chevaux morts que les cavaliers et artilleurs
ont exécutés avant de s'embarquer.
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IX Napoléon rentre à Bruxelles puis retourne
à Paris
Le 18 juin à midi,
l'Empereur rentre avec sa Garde dans Bruxelles. Il y capture les
18 pièces de siège abandonnées par les Anglais.
La ville semble sous
le choc. Néanmoins le parti pro Français lui fait fête.
Napoléon installe
alors le VI°CA dans la ville, puis il charge le maréchal Soult
de terminer au mieux la campagne.
Le 19 juin à 6 heures
du matin, escorté par quelques chasseurs à cheval de la Garde,
Sa Majesté file discrètement sur Paris.
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X Du 19 au 22 juin Blücher marche sur Bruxelles
et puis s'en va
Profitant de sa
supériorité numérique, le feldmarschal pousse le maréchal
Grouchy devant lui.
Bien pourvu en
cavalerie, le Duc de Nivelle se repli lentement, mais
inexorablement sur Bruxelles.
Le 21 juin à 10
heures du matin l'avant garde Prussienne est devant Bruxelles.
Blücher reçoit alors
confirmation de la course à la mer des Anglais. Il n'a donc pas
d'autre choix que le repli, mais l'honneur est sauf.
Le I°corps qui est en
tête, fait toute la journée des démonstrations devant la ville
pour faire croire que le lendemain Bruxelles sera attaqué.
Pendant ce temps le
reste de l'armée fait volte face et prend la direction de
liège.
A la nuit l'infanterie
du I°corps suit le mouvement.
La cavalerie de von
Röder entretient les feux toute la nuit, puis s'éclipse avant
l'aube.
Le 22 juin la campagne
de 1815 en Belgique est terminée.
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XI Épilogue
Le 24 juin le
gouvernement provisoire de Bruxelles demande le rattachement de
la Belgique à la France.
Ce même jour, la
Hollande fait savoir qu'elle entend désormais rester neutre.
A son retour à
Londres le Duc de Wellington est acclamé pour avoir, dans des
circonstances difficiles sauvé le précieux corps
expéditionnaire britannique.
Le feldmarshal
Blücher est de son coté félicité par Frédéric Guillaume II
pour son brillant sauvetage de l'armée Prussienne.
La coalition ne se
dissout pas, la guerre peut continuer.
Mais l'Empereur a
démontré que c'était bien le Napoléon d'Austerlitz qui était
rentré de l'île d'Elbe.
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